16 sept. 2015

RDV sur l'île de beauté : Laure Millot


Quoi de mieux qu’une petite escapade sur une île pour fêter la fin de la saison d’été ?
En revanche, cette fois-ci, nous ne traverserons pas l’Atlantique. Nous avons embarqué à bord d’un gros bateau, et après une bonne sieste nous nous sommes réveillés au large des côtes de l’île de beauté.



Pas de décalage horaire, pas de difficulté pour communiquer… On se met très vite dans le bain et après avoir accosté au port d’Ajaccio, on commence à arpenter les routes sinueuses de Corse au volant de notre petit bolide. Nous décidons de monter un peu plus au nord, et comme par magie, c’est sur un ton pastel de fin de journée, sur un parking avec vue sur la mer que la quasi-totalité de l’équipe de Paso a paso Highlin’inMexico s’est retrouvé (ABSOLUMENT à voir si ce n'est pas déjà fait!).



Dans le lot, on retrouve Sieur Hocquemiller qui malgré une bonne fatigue de fin de saison en tant que moniteur de canyon, n’a pas perdu son talent d’explorateur/grimpeur et son goût pour l’ouverture de ligne hors du commun. Et c’est accompagné de Sieur Newton, qu’ils ont ouvert « Guagno a guano », une midline d’une cinquantaine de mètres au-dessus de la mer. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Chloë Roux Mollard

Anthony Newton


Que demander de plus pour fêter mes 27 ans qu’un line service de la sorte entouré d’une belle bande de copains suivit d’un coucher de soleil à tomber par terre en sirotant un jus d’ananas ! C’est notre première journée en Corse… 1 high, 1 water, une superbe ambiance… Le trip a commencé sur les chapeaux de roue.



On ne perd donc pas le nord, et le jour suivant, alors qu’Anthony et Melo nous quittent, les tâches se répartissent. Romain part faire quelques courses pendant que Faleg, Lou, Chloë et moi, équipés de nos sacs à dos, partons pour l’ouverture d’une highline toujours dans le même coin. Malgré le vent qui se lève et la « bartasse » dans le maquis, nous restons plein d’enthousiasme.


L’installation s’est déroulée comme sur des roulettes ! Pas besoin d’utiliser le perfo, nous avons trouvé de chaque côtés des gros blocs de rochers. Equipe de choc ! Lou et Faleg restent d’un côté, jettent le messager et Chloë et moi sommes chargés du passage du ficélou pour faciliter le passage de la ligne.



Pour cela il a fallu faire appel à nos capacités de grimpeuses. Nous avons trouvé un itinéraire simple et fait bien attention ou poser nos appuis… Quelques heures plus tard, la ligne est montée, juste un peu tendue mais pas trop quand même ( eh oui ! On s’adapte aux nouvelles variantes ) et on commence à jouer. Cette highline mesure à vue de nez une bonne cinquantaine de mètres et porte le doux nom de « Makipik ». Chloë et Rom, armés de leurs écouteurs dans les oreilles s’éclatent dessus, Lou et Faleg s’essayent au « mou » (on parle de la tension de la sangle), et pour ma part c’est au dernier essai, en me criant dessus à certains moments que j’arrive à l’enchaîner d’un bout à l’autre.


Lou Desparnat

Laure Millot lors de son dernier essai (ça l'arrange bien comme ça, ça colle avec le récit!)

Je peux avouer que je commence à prendre goût aux sensations que procure la marche sur des lignes qui n’ont pas beaucoup de tension … Affaire à suivre.
Nous démontons tout notre bazar à la tombée de la nuit, descendons de notre perchoir, bousculons quelques bosquets bien piquants histoire de bien se familiariser avec la flore locale et nous terminons cette journée bien fatigués en admirant les étoiles.

Le jour suivant, Lou rentre sur le continent et nous passerons encore un moment avec Chloë et Romain à faire de la waterline à Capu Di Muru, un cap situé à une heure au sud d’Ajaccio. Malheureusement on se fait avoir par la mer qui monte en une petite demi-heure ! Les vagues deviennent bien trop impressionnantes et s’éclatent de plus en plus violemment contre les rochers. Nous rebroussons chemin. Seul Rom profitera un court instant de cette waterline. C’est l’heure des aux-revoir ! Ils repartent eux aussi en France.

Tej Rom aura seul, profité de cette waterline sur une mer agitée

Faleg et moi filons du côté de Bavella (un peu plus dans les terres) où un chouette programme nous attend !
En arrivant au col on s’arrète déjà pour admirer la vue et par hasard, on aperçoit Monsieur Tristan Soulé, membre de l’équipe de notre expé de l’hiver dernier au Brésil. Il est en forme et toujours à fond dans sa saison de canyon et c’est à ses côtés que nous ferons notre baptême de canyoning.





Nous avons pu renouveler l’expérience accompagnée de Cristelle, elle aussi monitrice de canyon ayant terminé sa saison et qui cherchait des compagnons de cordée. Grâce à elle nous avons pu découvrir le canyon de la Vacca et y tendre une waterline. Fraîche aventure qui nous en a mis plein les yeux !

Laure Millot

Laure Millot

Les amoureux de choque! Laure Millot et Hector Faleg Chavez


Nous avons continué par de l’escalade. Et oui l’escalade en Corse c’est également incroyable ! Des formes improbables dans un rocher sculpté, des prises dans des taffonies (forme en creux arrondie creusée par l'érosion) dans un cadre exceptionnel. Nous avons découvert différents spots. Au niveau du col de bavella, nous avons grimpé entouré des aiguilles, avec des températures un peu plus basses.

 



Au Barring, un site d’escalade qui vaut le détour. Il surplombe la rivière du Fiumicelli et a été équipé l’année dernière.




Enfin nous avons terminé ce beau voyage par la répétition d’une sublîme highline qui avait été équipée il y a quelques temps par les amis Floriane Ginestet, Thomas Van Eckaute et Nicolas Nastorg à la Piscia de Galhou ! L’ami Nico a pu se libérer et nous a fait découvrir cette merveille. Une higline de 40 mètres au-dessus d’une belle cascade avec une vue à couper de souffle partout ! Encore une journée ou tout roule avec une instal’ rodée, et que du bonheur à rider !


Hector Faleg Chavez à l'oeuvre

Regardez bien, tout en haut!

En espérant vous avoir fait rêver un instant ! Nous on a rêvés éveillé pendant 10 jours ! Comme quoi parfois pas besoin de partir bien loin pour contempler des merveilles !


A bientôt pour de nouvelles aventures.
Laure.





15 sept. 2015

Chinoiseries Slacklinesques - Antoine Mesnage

Artcile 1 - Come Back from UK
Article 2 - Good Morning from Ireland !
Article 3 - Norvège : Preikestolen Line en amoureux
Article 5 - A la conquête des Balkans




Cet été, nous avons eu la chance, ma famille, Estelle et moi, d'aller visiter la Chine.
Les trois semaines prévues nous laissaient le temps de découvrir différents endroits, sans les survoler.
Ne sachant pas du tout à quoi m'attendre pour la Slackline, et n'ayant aucune information sur d'éventuels spots, j'ai pris dans ma valise le minimum vital : de quoi tendre 60 mètres de Moonwalk, légère et facile à tendre.

Après avoir passé quelques longues heures dans l'avion, s'être fait arnaquer par un chauffeur de taxi et avoir eu le plaisir de se rendre compte que la réservation de l’hôtel n'avait pas été prise en compte, nous nous retrouvons finalement à Pékin. Dépaysement total dans cette ville de plus de 12 millions d'habitants (2 fois l'Irlande ou j'ai passé une bonne partie de cette année), nous visitons les classiques, la cité interdite, et la muraille de Chine.



Cette dernière est en fait restaurée seulement sur quelques lieux, touristiques et bien surveillés. Il me fallait quand même essayer, et prendre la Slack, au risque de porter un sac bien lourd toute la journée pour rien. Après avoir marché jusqu'au bout du chemin autorisé, passé la dernière caméra, on trouve un endroit plutôt joli, et peu fréquenté par les touristes. Ni une ni deux, j'installe une énorme longline (4 m environ), et démarre une longue traversée. Un aller, un retour, quand je vois qu'un petit morceau d'écaille est en train de se décoller de la muraille, au moment ou un chinois typé asiatique un peu louche et l'air suspicieux passe. Je désinstalle donc rapidement, et on file. Muraille de Chine, fait !


On quitte alors la capitale, reprend un vol direction Yangshuo. Ville assez touristique et jumelée avec Annecy-le-Vieux, Yangshuo est entourée de petites montagnes (pains de sucre), et de sa rivière Li qui les contourne. Les panoramas sont magnifiques, et on profite de vélos et scooters pour faire de belles balades. La ville en elle même est par contre assez spéciale, des vendeurs de bibelots nous accostent à chaque pas, et l'odeur nauséabonde du marché de la ville rappelle bien qu'en Chine, on mange de tout ! Et dire qu'en France, on se dit réputés pour être mangeurs de grenouilles ! La bas, c'est des crapauds énormes, du serpent, et je passe nos si mignons animaux de compagnie...

Revenons à nos installations. Lors d'une ballade en vélo au milieu des villages, j'avais pris le risque d'emmener, encore une fois, tout mon matériel en balade. Heureusement, on traverse la rivière Yulong, sur un pont typique (Fuli bridge). On en profite pour se baigner, et pour installer une petite Waterline. En accédant à l'arbre de l'autre côté, il fallait légèrement marcher dans la broussaille. Après deux pas peu sereins, je vois un gros serpent qui sort devant moi pour aller plonger dans l'eau. Il me faut alors une bonne dizaine de minutes pour atteindre l'arbre, se trouvant à 5 mètres de moi, en fauchant le sol avec mon élingue et en tapant des pieds !



Après quelque temps, une Moon bien molle traverse finalement la rivière Yulong. Il fait cependant tellement chaud que l'on a plus envie d'être dans l'eau qu'au dessus !!



Yangshuo nous a aussi permis d'installer une première Highline. En allant grimper quelques jours plus tôt, nous avions repéré une vieille tyrolienne abandonnée, qui laissait place à de nombreux spits accessibles de part et d'autre d'une grotte. J'avais entrepris alors l'installation, traversé le cable sur les fesses pour passer la ligne, triangulé, etc, pour me rendre compte au dernier moment que j'avais oublié le leash … Non pas juste à côté comme il arrive souvent, mais à l’hôtel, à une bonne heure en scooter. Restons calme, restons calme, et nous y retournons donc quelques jours plus tard, avec tout le matériel nécessaire. Ayant déjà fait l'installation complète auparavant, il ne me fallut pas très longtemps pour la refaire, avec le leash cette fois ! Je scotche, effectue une traversée, et là, surprise ! La tyrolienne que l'on pensait abandonnée était en fait un nid à touristes, qui payaient une petite fortune pour une tyrolienne de 30 mètres et une descente en rappel. Ayant un côté ancré sur la tyrolienne et un côté ancré sur le rappel, il nous fallut désinstaller assez rapidement, puisqu'un groupe arrivait sur le spot.







Ne voulant pas être trop encombrés par le monde, on se dirige alors vers une autre grotte, juste à côté, pour faire de nouveau quelques voies. Les premiers spits des voies de chaque côté nous permettent en même temps d'installer deux petites lignes, histoire de slacker en attendant notre tour, et aussi, de pouvoir s'asseoir autre part que sur un sol bien poussiéreux. Après s'être bien entraîné à la maison, ce n'était qu'une routine pour le père, Dom (mon papounet...!), de flasher sa première ligne au sol : Ca progresse, bientôt la highline !
Estelle elle nous enverra des petits tricks, tout en esthétique !







Il était temps pour nous de quitter la ville de Yangshuo, pour rentrer dans les terres plus sauvages et moins peuplées. A travers les rizières, nous nous arrêtons dans la petite ville de Danian. Au programme, la visite de plusieurs villages de minorités ethniques (les Miao...), à la découverte de la Chine profonde. Un sacré changement après avoir visité deux grosses villes !
On en profite même pour dormir chez l'habitant. Enfin dormir, sans compter les 50 coqs du village, qui nous réveilleront à 2 heures du matin, en poussant la chansonnette jusqu'au jour.

Entouré de rizières, il me fallait absolument trouver un spot pour tendre une highline au dessus de celles ci. Mais ce n'était pas si facile, étant donné que chaque rizière est cultivée, et que rien qu'en marchant à côté, on se rend compte que ces plantations grouillent de serpents et d'animaux en tout genre. Pas si facile donc !
On demande donc au guide qui nous accompagnait pour quelques jours, s'il connaissait «un endroit ou il y a des plantations, des arbres à même hauteur et où on pourrait mettre un fil pour marcher dessus ». Il ne fallait pas en dire plus pour que lui et son ami chauffeur, férus de nouveauté et de spectacle, nous emmènent voir plusieurs coins qu'ils imaginaient propices à une telle folie. Après avoir roulé un bon bout de temps, avoir renoncé à plusieurs spots peu adéquats, on tombe finalement sur un bon spot. Deux arbres de chaque côté, pas vraiment au même niveau mais ça fera l'affaire ! On installe donc un côté, puis vient le moment stressant de traverser la rizière, puis de remonter de l'autre côté, dans une terre pleine de végétation. Me voyant hésiter, le chauffeur passe devant avec ses vieilles Crocs, et se retrouve en un rien de temps de l'autre côté. Il ne me reste plus qu'à m'aider de la corde pour remonter, bien sympa !







L'installation se fait rapidement, encore une sacrée ligne type « dré dans le pentu » ! Une pente d'au moins 3 mètres pour une ligne de 40 mètres, ça commence à faire. C'est malgré tout un énorme plaisir de slacker au dessus des rizières, pas si facile avec le chapeau chinois !
Notre guide fera même une traversée en poulie, peu serein mais bien content. Elise, ma petite sœur de 12 ans, se jettera elle aussi dans le vide avec la poulie, en profitant de la pente de la ligne pour faire une petite tyrolienne.

Le lendemain, nous prenons un train, qui nous emmène à Hong Kong à 300 km/h. Encore un énorme dépaysement que de passer d'un village qui vit en totale autarcie, à une ville puissante et énormément riche.





N'ayant pas vraiment préparé de plan Slack, et n'ayant pas eu internet pendant 3 semaines, je n'avais pas spécialement prévu de slacker ici. Mais finalement, après avoir fait quelques recherches, j'avais remarqué qu'une highline avait été installée sur un site d'escalade. On s'y rend donc, en ne manquant pas de se perdre dans la jungle, dans une montée bien raide, sous une chaleur de 35 degrés et 90% d'humidité. Après 2 bonnes heures, nous arrivons à cette « falaise facile d'accès ». Je me rends compte que la ligne de 60 mètres est bien difficile à passer avec la végétation, et que je n'aurais pas assez de temps, surtout avec les quelques 2 litres d'eau que nous avions pour 4 avec cette température.

Comme l'improvisation était l'atout principal dans ce voyage, on finit par installer une mini highline sur deux arbres, d'une quinzaine de mètres. Pas très haute, la chute n'était pas très conseillée. Mais slacker à Hong Kong, c'est quand même quelque chose, ça valait bien ce risque ! 



On finira finalement la journée avec Estelle, de nuit, à Slacker sous les buildings de Hong Kong pour notre dernière soirée avant de rentrer en France. Un superbe moment, ou il nous aura fallut prendre des selfies avec nos amis Chinois et leurs Selfie sticks. Ils sont fous ces Chinois !



A chaque fois que j'arrive à installer quelque chose dans un pays étranger, c'est toujours un énorme plaisir. C'est totalement différent, on y va sans aucune connaissance, ni du spot, ni du pays. On ne prend que le strict minimum en materiel, et on s'adapte à l'endroit : Des fois ça penche, des fois c'est court, des fois c'est pas très solide, des fois vaut mieux pas tomber. C'est pour cela qu'il est important de savoir slacker sur toutes les tensions, et d'avoir une distance maximale où l'on est sur de ne pas tomber, quelque soit la ligne. On ne pourra pas tous battre des records, mais la slackline laisse tellement de possibilités que l'on pourra tous installer notre propre ligne.



Keep it Slack,

Antoine


Merci beaucoup à Estelle Peretto, la copine d'Antoine, et à Dominique, son papa, pour les jolies photos qui illustrent cet article ;-)