14 mai 2014

Médiév'Highline - La Prise du Château d'Apremont



Oyez, Oyez. Une chape de nuages gris plombait le ciel de Vendée. Sous un crachin peu engageant, nous sortions notre panoplie de highline du coffre de la voiture. Nous, c'est Julien Millot, Antoine Mesnage, Thibaut Zwolinski et moi. Si nous avions fait toute cette route depuis notre confortable bureau niché dans une vallée de Haute-Savoie, c'est que nous avions été mandatés pour faire les saltimbanques lors du rassemblement de l'EDHEC, une petite école de business.



"Une highline en Vendée? Il y a des montagnes là-bas" s'est-on vu demander. Eh bien non cher auditoire. Mais tout comme dans un pré sans arbre vous poseriez des A-frame, dans une région sans montagne, il y posèrent des châteaux. "Oyez, oyez", "saltimbanques", "châteaux", vous faites le lien? Cette highline était définitivement médiévale, et telle une quête de preux chevaliers, son installation fut épique.





"La prise de la tour Est fut aisée, ouverte au manants et aux gueux, ce fût par des escaliers grinçants que nous accédâmes à la coursive. De là, nous avions une vue imprenable sur le pays de Vendée où nous pûmes imaginer les hordes de bretons tenter d'assiéger le Château d'Apremont il y a de cinq siècle de ça. Mais nous observâmes surtout la seconde tour dressée en face de nous, délaissée, qui se détachait d'un ciel d'étain."
"Je dû escalader la tour jusqu'au second étage afin d'y découvrir un passage menant au sommet de la tour et à la coursive. L'amas de vielles planches qui obstruait l'entrée était pris dans la fange et les débris. Lorsque la porte céda et que le jour entra enfin dans la vielle tourelle, une nuée de volatiles apeurés tournoyât autour de moi dans une odeur de mort et de fiante. Je taillasse difficilement un chemin dans les escaliers en colimaçon recouverts de branches et d'oeufs que je me gardasse bien d'écraser, ne voulant attirer sur moi la colère de volatiles à l'oeil torve. Une fois la voie ouverte, je m'en retournasse creuser le parterre de fiante afin d'y dégager une trappe ouvrant l'accès à mes frères d'armes. Nous pûmes dès lors installer notre machine guerre"
Extrait du journal de Fabricius Wittnerstein : Highlinus Vulagaris Vendéus





En bref, les tours furent cerclées et sanglées, la highline fut tendue et et déflorée par tous. Droit de cuissage oblige.
L'heure des festivités venue, le ciel s'était ouvert, laissant même quelques timides rayons de soleil réchauffer les murs froids de la forteresse. Julien et Antoine ont fait montre d'un sens du spectacle inné en faisant hurler donzelles et damoiseaux amassés aux pieds du grand rempart.






Le lendemain, aux aurores, alors que le jour hésitait encore à se lever, nous partîmes vers l'Est sur notre fier destrier. Oui, notre destrier, un pour quatre preux et valeureux chevaliers… C'est la crise pour tout le monde.

F.W.


Credit photo : FAb Wittner

1 commentaire:

Pierre Casimir a dit…

Des récits comme celui-là, j'en veux tous les jours !!! Merci slack.fr, pas pour votre matos, pour votre esprit, le sens du partage et votre phrasé...que du bonheur !