28 oct. 2013

Essais de fatigue Part 2 - Usure du matériel

Partie 1 - Rupture et fatigue - clique là (FRA)
Partie 2 - L'usure du matériel - ici (FRA)
Partie 3 - Fatigue des mousquetons - par là (FRA)
Partie 4 - Fatigue façon trickline - de ce côté (FRA / ENG)
Partie 5 - Test RFT - juste là (FRA/ENG)


Jules Renard disait en son temps :
Un cerveau bien soigné ne se fatigue jamais

C'est sur cet optimiste proverbe que nous avons choisi de vous écrire le premier billet sur les derniers essais de 2013. Continuons donc de nous soigner avec cette seconde partie.


Vous me suivez toujours ?

La fatigue en mécanique :
Quand on aborde le mystérieux monde de la fatigue des matériaux, on voit qu'il existe des publications intéressantes dans beaucoup de domaines. On peut fatiguer une personne en la faisant courir, en la privant de télé, ou en lui parlant de l’œuvre de Kierkegaard. Il en est de même pour un mousqueton (même si la télé doit quand même moins l’intéresser).
De manière évidente, il nous fallait choisir un type de fatigue pour nos connecteurs proches de ce que nous leur faisons subir dans la vrai Slacklife.
Nous avons donc décidé du protocole suivant dans les tests qui suivent :
- faire osciller la force de tension entre 2 kN et "X"kN où "X" est une force supérieure à 2 kN
- ce cycle se produit toutes les secondes pour simuler un jumpliner hardcore !
- compter le nombre de cycles
- arrêter à 3000 cycles si le connecteur ne se casse pas avant
- le casser et mesurer sa force de rupture le cas échéant

Tu tires, tu relaches, tu tires, tu relaches, ... (Delta 8mm)

Comment déterminer "X" :
Si nous avions budget illimité, nous nous amuserions à casser beaucoup de matériel pour voir comment il réagit. Or comme tout est limité sur cette planète, nous nous sommes cantonnés à seulement quelques tests de rupture de quelques connecteurs. Evidemment, les déductions que nous pouvons en faire sont inversement proportionnelles aux sommes engagées mais non nulles.

Alors nous avons raisonné en fonction de la charge de rupture vue précédemment. Nous voulions voir la fatigue à des forces plus ou moins proches de la charge de rupture, nous avons donc choisis de tester :
- deux mousquetons aciers à 12kN et 18kN (50% et 75% de la BLL* donnée pour 24kN)
- un delta de 8mm à 50kN (environ 75% de 67kN)
- une manille de 14mm à 97kN (environ 75% de 130kN)
*BLL Breaking Load Limit - Charge de rupture

Manille de 14mm - fatiguée à 10 tonnes
Les résultats des mousquetons :
Le mousqueton fatigué à 12kN a résisté fièrement aux 3000 cycles. Il a ensuite cassé au test de rupture à 25,5kN. Si on rapproche cette donnée à la rupture d'un mousqueton neuf (27,9kN), le mousqueton à perdu quasiment 10% de sa résistance en 3000 cycles.
Le second mousqueton fatigué à 18kN n'a quant à lui tenu que 1710 cycles avant de rompre au niveau du crochet d'ouverture. Nous verrons dans une prochaine partie avec d'autres tests comment en déduire une ébauche de courbe de fatigue sur cette pièce.

Les autres pièces :
Testés à 75% de leur charge de rupture, le delta à tenu 1670 cycles, et la manille 2182 cycles.

Delta 8mm - ou ce qu'il en reste
Discussion :
Dans ces tests, nous avons ouvertement choisi des forces pour fatiguer les objets proches de la rupture (75% de la BLL).
Pourquoi ? Pour que les tests aboutissent à des ruptures rapidement. De ce côté, mission accomplie, nous avons pu voir clairement que le matériel se fatigue, et assez vite finalement.
Les charges alternatives, répétitives et rapprochées, à fortes variations sont donc clairement un facteur de vieillissement acceleré du matériel (et pas que du nôtre).
La pratique du jumpline est sans conteste la plus violente, avec une surcharge de tension toutes les 1 à 2 secondes lorsque le jumpliner rebondit. Mettez une jumpline dans un contest, avec des journées non-stop de sollicitations, vous obtiendrez une forte probabilité de rupture d'un élément sous dimensionné (Re - Shame on us).

L'endroit de la rupture :
On observe aussi que le point de rupture d'un objet neuf, n'est pas forcément le même que le point de rupture d'un objet fatigué :
- le mousqueton casse au niveau du crochet, et non plus au niveau du sertissage du doigt.
- la manille casse en son milieu et non plus au niveau du filetage de l'axe.
Il faut néanmoins être prudent sur la généralisation de ce genre de résultats puisque nous n'avons pas assez cassé de matériel dans les mêmes conditions pour en déduire une tendance. C'est ce que nous tenterons de montrer dans la dernière partie de nos tests avec les mousquetons.

La machine de Satan !
Le matériau :
Même si nous ne pouvons pas être sûrs que les caractéristiques des 3 types d'aciers utilisés pour nos mousquetons, manilles et deltas soient strictement les mêmes, il est interessant de voir qu'à 75% de leur BLL respectives, le matériel tiendra entre 1600 et 2200 cycles. En tous cas pas 3000 cycles.

Bien évidemment, à utilisation équivalente en jumpline, une manille devrait donc résister bien plus longtemps qu'un mousqueton, puisqu'à tension équivalente, celle-ci sera beaucoup plus faible que sa force de rupture. Ainsi 12kN sera 50% de la BLL du mousqueton, mais seulement 9,2% de la BLL de la manille. Il devrait s'ensuivre un rallongement de la vie de votre dispositif de jumpline.

En conclusion de ces 2 points, il est toujours impératif de backuper les objets susceptibles de rompre et aussi ceux qui y sont attachés. Il sera cependant totalement impossible de backuper le petit bout de pièce qui lachera et partira quand même, et personne n'y pourra rien. Une réflexion sur un capitonnage complet du système de tension et des ancrages pourraient peut-être constituer une piste, mais encore faudrait-t-il trouver une solution élégante, relativement peu couteuse et facile d'installation... Tâche ardue.

Et en longline ?
Clairement, une longline ne fatigue pas les connecteurs de la même manière. Même une oscillation dûe au vent ne fera pas augmenter la tension comme une jumpline. De ce point de vue, il paraît présomptueux d'en déduire quelque chose à partir de ces tests.

Réformer son matériel ?
La question qui fâche. Mon matériel n'est pas cassé, il a certes beaucoup servi mais pourquoi devrais-je m'en séparer ? Parce qu'il vieillit.
Un jumpliner assidu avec un pratique extrême utilisant des mousquetons (pas que les nôtres d'ailleurs ) devrait certainement anticiper un changement régulier de son matériel, et surtout passer sur des manilles dont la résistance à la fatigue augmentera. De notre côté, nous allons proposer les Kit Jumpline Pro Series avec Manilles dès que possible.
Un jumpliner occasionnel pourra forcément utiliser son matériel plus longtemps.
Il nous est impossible de vous donner une règle de type : "changer tous les ans vos connecteurs" ou " après 20 heures d'utilisation changez vos connecteurs".
Il y a autant de pratique et d'usure que de pratiquants. Lors de contests officiels (que ce soient les nôtres ou d'autres) il sera par contre plus facile de mesurer cette fatigue et donc à l'avenir plus facile d'anticiper en changeant les connecteurs régulièrement surtout si ceux-ci sont fortement sollicités.
La suite des tests arrivent !
 

25 oct. 2013

Récit d'une journée dédiée au slackline brésilien


Un sacré potentiel, à peine exploré par notre petite highline au centre droit
C'est vendredi dernier que nous avons troqué notre habituel bureau pour un tout autre décor, les Dents de Lanfon.


10H, nous rejoignons l'équipe de télé brésilienne et ses sportifs au camping du Lanfonnet.
Arrivée dans la nuit de Castelnau, la nuit fût courte, le réveil difficile mais la motivation présente.
P'tit dej, course, check matos, tournage, l'heure brésilienne frappe, la matinée prend du retard bref, la marche initialement prévue/ pensée pour 10h30 débutera à 12h, mais mis à part quelques nuages, le beau temps est de la partie.


Thibaut qui passe son examen d'embauche
La marche commence...
Nombreuse et chargée, l'équipe traine et viendra a bout de 2h30 de marche en seulement 3h et encore, la partie technique (randonnée verticale) reste à faire. Nous abandonnons donc les pilotes du drône au col des Frêtes, prêt à shooter les highliners depuis le ciel et avançons avec les sportifs made in Brazil.


Gideao, un amazonien à la montagne !
Nous partîmes 6 et nous rentrâmes 5 :
La partie technique avance bien malgré une diarrhée (brésilienne) ralentissant légèrement le groupe, il est a priori difficile de « grimper » les fesses serrées.
40 minutes d'installation plus tard et la highline est prête, Gideao ouvre le bal abandonnant ses appareils photos pour marcher dans les airs. La flèche brésilienne frappe, ça ne passe pas du premier coup. Après un run du Skyliner, un léger ajustement "kilogrammique" s'impose et les traversées sont lancées. Gideao marche, Julien surf, Thibaut saute et Gabriel serre les fesses et coure mais ça passe et il randonne !
Malgré un drone bruyant, la nature est toujours grandiose depuis ces dents dominant le lac d'Annecy.
La désinstallation ne traine pas, le temps passe et nous sommes cinq à souhaiter descendre la partie technique avant la nuit puisque le sixième, rentrera par la voie des airs en à peine 2h de moins que les terrestres.

Désolé les gars, faut que je rentre chercher ma fille à la crêche !
Saut effectué avec succès, plaisir des yeux assurés, la descente peut commencer.
Sécurité oblige, la descente est lente et tant mieux nous profitons des derniers instants passés dans cet environnement.

Rien de tel qu'un rappel vers les abysses nocturnes
La nuit arrive alors que nous ne sommes qu'au milieu de la partie technique, le reste se fera en 2 rappels de 50m, pas de chute de pierres sur les premiers descendus, il ne reste plus qu'à marcher au clair de lune.




Gabriel se bat contre la ligne et une intoxication alimentaire ! Bravo à lui !
Un dernier repas dans le froid de la nuit digne d'un banquet d'Astérix et une belle journée s'achève. Les photos ont fusé et sont aussi nombreuses que les sourires échangés.


Merci à Paul pour son travail d'organisation et de mise en relation, aux slackeurs brésiliens Gideao et Gabriel et à l'équipe de tournage menée par notre ami Diogo !

La première saison : http://canaloff.globo.com/programas/slackline/

23 oct. 2013

Note de Service : Welcome Home Mr.Z


C'est l'explosion démographique dans les bureaux de Slack! Les effectifs ont augmenté de 20% ce mois d'octobre avec l'arrivée d'un nouveau membre dans l'équipe. Certains l'ont déjà aperçu rôder autour des compétitions de slackline, aux Natural Games et aux Winter NG et peut-être même évoluer sans peine sur une slackline. 
En bref, nous vous présentons aujourd'hui monsieur Thibaut Zwolinsky, slackliner de talent (photo ci-dessus), homme de terrain, organisateur hors pair d'évènement hors normes, grand amateur de bières belges, et fidèle compagnon de la famille Slack. Thibaut a donc récemment up gradé son statut d'ancien stagiaire à main d'oeuvre qualifiée… outre toutes les basses besognes dont Thibaut aura la charge (photo ci-dessous), il travaillera - la nuit très certainement - à gérer la partie évènementielle de Slack, le sponsoring et tant d'autres choses qui viseront à dynamiser notre multinationale de campagne. 
Mais j'entend déjà les donzelles glousser au loin, pas de faux espoirs les filles, si bon parti que notre petit nouveau puisse être, son coeur est prit et son âme… il nous l'a cédé contre un contrat de travail.
Bon slack les slackers!

22 oct. 2013

Essais de fatigue Part 1 - Rupture et fatigue

Partie 1 - Rupture et fatigue - clique là (FRA)
Partie 2 - L'usure du matériel - ici (FRA)
Partie 3 - Fatigue des mousquetons - par là (FRA)
Partie 4 - Fatigue façon trickline - de ce côté (FRA / ENG)
Partie 5 - Test RFT - juste là (FRA/ENG)

Après un test de fatigue

S'il y a bien quelque chose que nous apprenons tous plus ou moins au fil du temps, la déprimante loi de l'entropie nous le rappelle violemment à chaque instant :
Rien ne se perd, rien ne se crée, certes, mais tout s'use...

Nous ne nous sommes pas sentis très fiers lors des derniers Natural Games, lorsqu'en plein show jumpline un de nos mousquetons a cédé, finissant pour une part retenu par le backup, pour l'autre part contre le crâne d'un participant malheureusement assis un peu trop sous la ligne. 
Il était déjà à l'époque su que les mousquetons cassent parfois et ne sont pas conseillés pour les pratiques extrêmes du slackline (jumpline, longline, highline), nous n'avions malheureusement pas d'autre choix pour des raisons techniques (dues à un prototype d'un futur banana jumpline 5cm qui n'acceptaient pas les manilles) que d'utiliser des mousquetons sur cet événement. Shame on us.

Autant profiter de nos erreurs pour rebondir dessus, et c'est ainsi que nous avons décidé de réaliser de vrais tests de fatigue sur nos matériels. Nous avons donc - dans la limite d'un budget qui n'est jamais suffisant pour ce genre de tests - choisi de nous pencher sur une utilisation de type "jumpline". 

Pour cela nous avons demandé à un laboratoire indépendant, l'APAVE de nous réaliser des tests sur :
- la rupture de nos mousquetons aciers, manilles de 14mm et 16mm, et maillons deltas de 8mm, et anneau de leash

dans un second temps :
- la fatigue des mousquetons aciers, manille de 14mm à une force donnée

dans un troisième temps :
- la fatigue de nos mousquetons aciers à différentes forces

Anneau de leash (simple) - 10 tonnes
Rupture :
Dans un précédent post de 2012, nous avions déjà cassé du mousqueton et d'autres choses.
Si l'on synthétise cette étude et la première que nous avons mené cette année nous obtenons les données suivantes :

Rupture d'un mousqueton acier neuf : 27,9 kN
Rupture d'un anneau de leash : 99,1 kN
Rupture d'un maillon delta de 8mm : 67,7 kN
Rupture d'une manille de 14mm : 129,7 kN
Rupture d'une manille de 16mm : 161,5 kN

Delta 8mm - 6,7 tonnes
Discussion :
Prenez un élément neuf, cassez le. Il répondra à priori aux inscriptions que nous avons écrites dessus.  Ouf !

Le mousqueton est de loin l'objet le plus fragile de notre collection. Nous ne pouvons hélas pas enlever aux mousquetons leur côté pratique dans une installation minute. Dans les kits débutants que nous proposons, il est approprié. Dans les kits jumpline nous allons le remplacer prochainement par des manilles de 14mm ou 16mm en option. C'est ce mousqueton qui nous interessera le plus pour la suite des autres essais, parce qu'il casse à des forces proches de celles utilisées en slackline et que nous en avons beaucoup (...)

Manille de 14mm - 13 tonnes

Du côté des anneaux de leash, avec presque 10 tonnes par anneau, un leash doublé de 2 anneaux offrira une sécurité surdimensionnée (20 tonnes ?!) pour des chutes n'excédant pas les 500kg pour les pire leash falls. De ce côté, pas de soucis à se faire donc.

Concernant les manilles, on appréciera leur résistance accrue par rapport à un mousqueton, malgré leur caractère lourdingue et la possibilité de perdre l'axe lors des manipulations. Nous verrons par la suite comment les essais de fatigue influent sur elles.

Le delta 8mm est une valeur sûre avec une rupture bien supérieure à un mousqueton. Utilisé pour l'instant sur les triplans dans nos kits, nous pouvons les conseiller aussi en highline pour relier les ancrages aux élingues des égalisations. Attention toutefois à bien le visser à fond, les maillons rapides (et les manilles) sont malheureusement fait tels qu'ils ne tiennent presque plus rien ouverts.

Manille de 16mm - 16 tonnes

Conclusion :
Il est évidemment nécessaire de connaître les produits que nous vendons. Une campagne de test ménée indépendamment est une bonne façon de jouer la transparence, et donne la force d'argumentation ou de changement de direction dans les choix à faire.

Cette première campagne est utile pour les campagnes suivantes. En effet la première question : "à combien mon mousqueton neuf casse-t-il ?" est intéressante. 
La deuxième question : "à combien mon vieux mousqueton rincé casse-t-il ?", est plus difficile.
Nous tenterons d'y apporter des réponses dans les prochains posts.

21 oct. 2013

SLACK se trouve aussi près de chez vous!

Vous ne le savez peut-être pas mais de plus en plus de magasins et de salles d'escalade distribuent notre matériel, et peut-être plus près de chez vous que vous ne le pensez!

Shop : Ablok - Où : Grenoble
Vous y retrouverez une sélection de nos produits, avec les conseils des professionnels présents sur place. Pour trouver l'ensemble des magasins et leur localisation, rien de plus simple, il suffit d'aller consulter le lien suivant : 

"SLACK, It's all about Balance"

4 oct. 2013

La Brêche de (G)Roland

La Brêche, LA VACHE !

Commençons par une coïncidence basée sur une légende. Ma première highline, ou du moins la première que j'ai traversée, était au dessus de Grenoble, sur le site des trois pucelles. Pourquoi ce site s'appelle-t-il ainsi ?


Roland, bronze à la cool

Dans une énième version de la légende, les quatres soeurs, filles du seigneur de Naves, tombent amoureuses de Roland de Roncevaux, devenu un héros pour avoir délivré le Dauphiné envahi par les Sarrasins. Mais, le conte de fées n’est pas au rendez vous et cet amour brise le destin des quatre soeurs. Selon les interprétations, elles seront pétrifiées par la jalousie, faisant chacune le voeu de voir ses soeurs statufiées plutôt qu’unies à Roland, ou par le chagrin, Roland, déjà engagé, refusant de s’unir à l’une d’entre elles. Quatre soeurs pour les 3 pucelles, comme les 3 mousquetaires en fait. Sacré Roland. Je m'égare.

A l'Est, belle journée

Bref me voilà parti pour ma dernière grosse highline en date, avec ma fille, sa grand mère, le chien de ma soeur parti avec son mari faire de la highline au mexique gardé par notre mère. Où ça ? Là où Roland fit encore parler de lui, toujours avec un objet long et contondant, mais en acier trempé : Durandal.

Côté Espagnol, chill time

Selon la légende et wikipedia, la brèche fut ouverte par Roland, le neveu de Charlemagne, alors qu’il tentait de détruire son épée Durandal en la frappant contre la roche à l’issue de la Bataille de Roncevaux. Voyant qu'elle ne cassait pas, il l'aurait envoyée de toutes ses forces dans la vallée et elle se serait fichée dans une falaise à Rocamadour dans le Lot. Sacré Roland.


Un bel ancrage pour une highline : 1 Durandal, 1 Piton, 1 chaine

Bref au passage, l'épée aurait lardé la frontière franco-espagnol d'une large entaille de 70m de haut pour 70m de large.... à 2800m d'altitude. A réaction la Durandal. Mais je m'égare encore.


Gauthier pour un essai de principe !

Y aller poser une slackline ? 2 ou 3 ans que nous y pensions avec les zozos Skyliners, sans toutefois y mettre assez d'energie car les Pyrénées, c'est bien loin des Alpes, et c'est plus petit en plus. Mais comme tout ce qui est petit est mignon, l'équipe de furieux (oui oui) de Pyrénaline nous mis un ultimatum commun. Nous irions faire la highline ensemble en automne de cette année. Rendez vous était pris avec la légende, pour la contempler et l'écrire (oui oui).


Adrien, qui la tient !

Et bien, c'est beau, c'est gros, c'est long, il fait chaud, l'anticyclone nous offre LE créneau parfait pour passer 2 jours de rêves. Question équipe, je serai le seul représentant des Skyliners, et Pyrénaline se trouve privé de leurs meilleurs slackeurs : Gauthier est apparement tombé lourdement 2 fois sur les fesses en s'entrainant la veille et a terriblement mal au c... et Paulo s'est apparemment cassé un doigt en attérissant mal en parachute.... Etonnante coïncidence, excuses moyennes, ceci ne nous regarde pas. Toujours est-il qu'ils me mettent gentiment la pression pour que je passe la ligne, moi qui ai pris une retraite bien méritée de la course à la longueur...


Un essai trop mou

Un lundi magnifique nous permet d'atteindre la brêche. Bastien et Guillaume (l'érudit qui nous contera la légende tout en grimpant en terrain varié) nous montent la corde côté est, dans une face nord suffisamment raide pour être considérée comme déversante.
De mon côté, je me charge à l'arrache de trouver comment aller sur le côté ouest, via une épaule péteuse de rocher qui me laissera passer sans trop de problèmes. Il est déjà tard, le rythme espagnol nous ayant envahi autant que la chaleur qui règne du côté sud de la brêche, nous avons à peine le temps de nous pendre dans le baudrier pour mesurer la ligne et trouver un endroit où équiper, qu'il faut que je redescende coucher ma petite. 45mn de course à pied en descente, 30min de voiture. Demain je remonterai. Les autres dorment au refuge de la brêche, dont les gardiens ont bien compris que quelque chose se passait là haut.

Une ligne à plat c'est mieux quand même

Le mardi est encore meilleur. Seul ombre au tableau, je dois partir vers 14h. Alors je monte au pas de course pour arriver vers 9h30 à la brêche. Toute l'équipe a bien avancé, il ne reste qu'à tendre la ligne. Gauthier s'y colle, le temps que je jumarde pour le rejoindre. Deux trois ajustements plus tard, la ligne est prête, tout le monde fait du jus dans la culotte, bref c'est à moi que revient l'honneur de monter sur cette ligne.
Fred Marie prend de bien meilleures photos que nous du bas à cet instant

On a fait les choses bien, la double Moonwalk est évidemment facile à passer toutes proportions gardées. Reste juste à trouver le bon laché prise. Se stresser un peu pour ne pas tomber sans trop le faire pour ne pas se crever. L'altitude ne facilite pas les choses, mais l'atmosphère estivale et l'absence de vent ferait presque croire que cette expédition est facile. 10 degrés de moins et 10km/h de vent de plus, on aurait moins fait les malins.

Scandaleux en T-shirt à 2800m !
Voilà, c'est fait, 2 aller/retours pour me chauffer, et le 3ème est le bon. Les 72m passent bien, surtout au retour (certains auraient pu prendre une photo pour "randonnée magazine"). Saloperie de cerveau qui dès qu'il sait qu'il peut faire quelque chose le fait facilement. Ca laisse du travail pour plus tard, en attendant, les 10h de route pour rentrer chez moi avec ma tribu auront raison de mon energie dans cette folle semaine qui finira en apothéose aux Tours Mercuriales. Mais ceci est une autre histoire.

J'abandonne donc toute l'équipe en haut de la brêche, et leur doit bien un énorme merci pour toute l'énergie qu'ils ont passé pour installer, et désinstaller. Donc : MERCI Pyrénaline !! Et Banzaï !