4 oct. 2013

La Brêche de (G)Roland

La Brêche, LA VACHE !

Commençons par une coïncidence basée sur une légende. Ma première highline, ou du moins la première que j'ai traversée, était au dessus de Grenoble, sur le site des trois pucelles. Pourquoi ce site s'appelle-t-il ainsi ?


Roland, bronze à la cool

Dans une énième version de la légende, les quatres soeurs, filles du seigneur de Naves, tombent amoureuses de Roland de Roncevaux, devenu un héros pour avoir délivré le Dauphiné envahi par les Sarrasins. Mais, le conte de fées n’est pas au rendez vous et cet amour brise le destin des quatre soeurs. Selon les interprétations, elles seront pétrifiées par la jalousie, faisant chacune le voeu de voir ses soeurs statufiées plutôt qu’unies à Roland, ou par le chagrin, Roland, déjà engagé, refusant de s’unir à l’une d’entre elles. Quatre soeurs pour les 3 pucelles, comme les 3 mousquetaires en fait. Sacré Roland. Je m'égare.

A l'Est, belle journée

Bref me voilà parti pour ma dernière grosse highline en date, avec ma fille, sa grand mère, le chien de ma soeur parti avec son mari faire de la highline au mexique gardé par notre mère. Où ça ? Là où Roland fit encore parler de lui, toujours avec un objet long et contondant, mais en acier trempé : Durandal.

Côté Espagnol, chill time

Selon la légende et wikipedia, la brèche fut ouverte par Roland, le neveu de Charlemagne, alors qu’il tentait de détruire son épée Durandal en la frappant contre la roche à l’issue de la Bataille de Roncevaux. Voyant qu'elle ne cassait pas, il l'aurait envoyée de toutes ses forces dans la vallée et elle se serait fichée dans une falaise à Rocamadour dans le Lot. Sacré Roland.


Un bel ancrage pour une highline : 1 Durandal, 1 Piton, 1 chaine

Bref au passage, l'épée aurait lardé la frontière franco-espagnol d'une large entaille de 70m de haut pour 70m de large.... à 2800m d'altitude. A réaction la Durandal. Mais je m'égare encore.


Gauthier pour un essai de principe !

Y aller poser une slackline ? 2 ou 3 ans que nous y pensions avec les zozos Skyliners, sans toutefois y mettre assez d'energie car les Pyrénées, c'est bien loin des Alpes, et c'est plus petit en plus. Mais comme tout ce qui est petit est mignon, l'équipe de furieux (oui oui) de Pyrénaline nous mis un ultimatum commun. Nous irions faire la highline ensemble en automne de cette année. Rendez vous était pris avec la légende, pour la contempler et l'écrire (oui oui).


Adrien, qui la tient !

Et bien, c'est beau, c'est gros, c'est long, il fait chaud, l'anticyclone nous offre LE créneau parfait pour passer 2 jours de rêves. Question équipe, je serai le seul représentant des Skyliners, et Pyrénaline se trouve privé de leurs meilleurs slackeurs : Gauthier est apparement tombé lourdement 2 fois sur les fesses en s'entrainant la veille et a terriblement mal au c... et Paulo s'est apparemment cassé un doigt en attérissant mal en parachute.... Etonnante coïncidence, excuses moyennes, ceci ne nous regarde pas. Toujours est-il qu'ils me mettent gentiment la pression pour que je passe la ligne, moi qui ai pris une retraite bien méritée de la course à la longueur...


Un essai trop mou

Un lundi magnifique nous permet d'atteindre la brêche. Bastien et Guillaume (l'érudit qui nous contera la légende tout en grimpant en terrain varié) nous montent la corde côté est, dans une face nord suffisamment raide pour être considérée comme déversante.
De mon côté, je me charge à l'arrache de trouver comment aller sur le côté ouest, via une épaule péteuse de rocher qui me laissera passer sans trop de problèmes. Il est déjà tard, le rythme espagnol nous ayant envahi autant que la chaleur qui règne du côté sud de la brêche, nous avons à peine le temps de nous pendre dans le baudrier pour mesurer la ligne et trouver un endroit où équiper, qu'il faut que je redescende coucher ma petite. 45mn de course à pied en descente, 30min de voiture. Demain je remonterai. Les autres dorment au refuge de la brêche, dont les gardiens ont bien compris que quelque chose se passait là haut.

Une ligne à plat c'est mieux quand même

Le mardi est encore meilleur. Seul ombre au tableau, je dois partir vers 14h. Alors je monte au pas de course pour arriver vers 9h30 à la brêche. Toute l'équipe a bien avancé, il ne reste qu'à tendre la ligne. Gauthier s'y colle, le temps que je jumarde pour le rejoindre. Deux trois ajustements plus tard, la ligne est prête, tout le monde fait du jus dans la culotte, bref c'est à moi que revient l'honneur de monter sur cette ligne.
Fred Marie prend de bien meilleures photos que nous du bas à cet instant

On a fait les choses bien, la double Moonwalk est évidemment facile à passer toutes proportions gardées. Reste juste à trouver le bon laché prise. Se stresser un peu pour ne pas tomber sans trop le faire pour ne pas se crever. L'altitude ne facilite pas les choses, mais l'atmosphère estivale et l'absence de vent ferait presque croire que cette expédition est facile. 10 degrés de moins et 10km/h de vent de plus, on aurait moins fait les malins.

Scandaleux en T-shirt à 2800m !
Voilà, c'est fait, 2 aller/retours pour me chauffer, et le 3ème est le bon. Les 72m passent bien, surtout au retour (certains auraient pu prendre une photo pour "randonnée magazine"). Saloperie de cerveau qui dès qu'il sait qu'il peut faire quelque chose le fait facilement. Ca laisse du travail pour plus tard, en attendant, les 10h de route pour rentrer chez moi avec ma tribu auront raison de mon energie dans cette folle semaine qui finira en apothéose aux Tours Mercuriales. Mais ceci est une autre histoire.

J'abandonne donc toute l'équipe en haut de la brêche, et leur doit bien un énorme merci pour toute l'énergie qu'ils ont passé pour installer, et désinstaller. Donc : MERCI Pyrénaline !! Et Banzaï !

1 commentaire:

Manu a dit…

A quand le topo !?

Bravo en tous cas !!