22 oct. 2013

Essais de fatigue Part 1 - Rupture et fatigue

Partie 1 - Rupture et fatigue - clique là (FRA)
Partie 2 - L'usure du matériel - ici (FRA)
Partie 3 - Fatigue des mousquetons - par là (FRA)
Partie 4 - Fatigue façon trickline - de ce côté (FRA / ENG)
Partie 5 - Test RFT - juste là (FRA/ENG)

Après un test de fatigue

S'il y a bien quelque chose que nous apprenons tous plus ou moins au fil du temps, la déprimante loi de l'entropie nous le rappelle violemment à chaque instant :
Rien ne se perd, rien ne se crée, certes, mais tout s'use...

Nous ne nous sommes pas sentis très fiers lors des derniers Natural Games, lorsqu'en plein show jumpline un de nos mousquetons a cédé, finissant pour une part retenu par le backup, pour l'autre part contre le crâne d'un participant malheureusement assis un peu trop sous la ligne. 
Il était déjà à l'époque su que les mousquetons cassent parfois et ne sont pas conseillés pour les pratiques extrêmes du slackline (jumpline, longline, highline), nous n'avions malheureusement pas d'autre choix pour des raisons techniques (dues à un prototype d'un futur banana jumpline 5cm qui n'acceptaient pas les manilles) que d'utiliser des mousquetons sur cet événement. Shame on us.

Autant profiter de nos erreurs pour rebondir dessus, et c'est ainsi que nous avons décidé de réaliser de vrais tests de fatigue sur nos matériels. Nous avons donc - dans la limite d'un budget qui n'est jamais suffisant pour ce genre de tests - choisi de nous pencher sur une utilisation de type "jumpline". 

Pour cela nous avons demandé à un laboratoire indépendant, l'APAVE de nous réaliser des tests sur :
- la rupture de nos mousquetons aciers, manilles de 14mm et 16mm, et maillons deltas de 8mm, et anneau de leash

dans un second temps :
- la fatigue des mousquetons aciers, manille de 14mm à une force donnée

dans un troisième temps :
- la fatigue de nos mousquetons aciers à différentes forces

Anneau de leash (simple) - 10 tonnes
Rupture :
Dans un précédent post de 2012, nous avions déjà cassé du mousqueton et d'autres choses.
Si l'on synthétise cette étude et la première que nous avons mené cette année nous obtenons les données suivantes :

Rupture d'un mousqueton acier neuf : 27,9 kN
Rupture d'un anneau de leash : 99,1 kN
Rupture d'un maillon delta de 8mm : 67,7 kN
Rupture d'une manille de 14mm : 129,7 kN
Rupture d'une manille de 16mm : 161,5 kN

Delta 8mm - 6,7 tonnes
Discussion :
Prenez un élément neuf, cassez le. Il répondra à priori aux inscriptions que nous avons écrites dessus.  Ouf !

Le mousqueton est de loin l'objet le plus fragile de notre collection. Nous ne pouvons hélas pas enlever aux mousquetons leur côté pratique dans une installation minute. Dans les kits débutants que nous proposons, il est approprié. Dans les kits jumpline nous allons le remplacer prochainement par des manilles de 14mm ou 16mm en option. C'est ce mousqueton qui nous interessera le plus pour la suite des autres essais, parce qu'il casse à des forces proches de celles utilisées en slackline et que nous en avons beaucoup (...)

Manille de 14mm - 13 tonnes

Du côté des anneaux de leash, avec presque 10 tonnes par anneau, un leash doublé de 2 anneaux offrira une sécurité surdimensionnée (20 tonnes ?!) pour des chutes n'excédant pas les 500kg pour les pire leash falls. De ce côté, pas de soucis à se faire donc.

Concernant les manilles, on appréciera leur résistance accrue par rapport à un mousqueton, malgré leur caractère lourdingue et la possibilité de perdre l'axe lors des manipulations. Nous verrons par la suite comment les essais de fatigue influent sur elles.

Le delta 8mm est une valeur sûre avec une rupture bien supérieure à un mousqueton. Utilisé pour l'instant sur les triplans dans nos kits, nous pouvons les conseiller aussi en highline pour relier les ancrages aux élingues des égalisations. Attention toutefois à bien le visser à fond, les maillons rapides (et les manilles) sont malheureusement fait tels qu'ils ne tiennent presque plus rien ouverts.

Manille de 16mm - 16 tonnes

Conclusion :
Il est évidemment nécessaire de connaître les produits que nous vendons. Une campagne de test ménée indépendamment est une bonne façon de jouer la transparence, et donne la force d'argumentation ou de changement de direction dans les choix à faire.

Cette première campagne est utile pour les campagnes suivantes. En effet la première question : "à combien mon mousqueton neuf casse-t-il ?" est intéressante. 
La deuxième question : "à combien mon vieux mousqueton rincé casse-t-il ?", est plus difficile.
Nous tenterons d'y apporter des réponses dans les prochains posts.

5 commentaires:

David a dit…

Salut Julien!
Quand tu parles des maillons deltas 8mm, tu parles acier zingué ou inox?

Anonyme a dit…

Merci pour la transparence.
Je pense en effet que pour ce genre de discipline (slack, escalade, ...), chacun doit connaitre un minimum sur la résitance des matériaux utilisés.

Concernant ce test, est ce un test en "Fatigue" ou "Statique":

- Fatigue --> on exerce par répétition un effort (par example à 80% de la force de rupture),. Puis on compte le nombre de répétitions nécessaires pour arriver à la rupture

- Statique --> on exerce un effort que l'on accroit jusqu'à rutpure de la pièce et on relève la valeur max

C'est bien 2 phénomènes différents

Thibaud

Julien Millot a dit…

Les deltas 8mm sont inoxes !

Ce n'est que la partie 1 des essais, les essais de fatigue à proprement parlé seront décrits bientôt !

David a dit…

Cool! Dans ce cas là, est-ce que tu considères aussi que les deltas 8mm acier zingué (avec une charge de rupture un peu moindre de 27,5kN) sont une valeur sûre pour une connection plaquette/élingue en highline (bien sur pour des longueurs raisonnables)?

Julien Millot a dit…

27,5kN entre un spit et une elingue sur une égalisation (minimum 2 points )est suffisant -> minimum 54kN...
Il faut bien les visser bien sûr.