16 nov. 2012

Slack Trip en Iran : "Chenil pour highliners"


De retour de leur escapade en Iran, Robin nous gratifie d'un petit article sur leurs pérégrinations funambulistiques.
Enjoy.


« Voila, dans notre petite cabane, un chenil pour highliner...
Vous ferez attention en sortant faire pipi, ya 500 mètres en dessous »


Nous nous trouvons dans une petite cabane, le plus grand des 3 refuges perchés, incrustée à mi hauteur de la falaise, sur un petit éperon rocheux.

Nous sommes à Bisotun Wall, en Iran, invités sur place pour y introduire la highline à l'occasion d'un festival de grimpe, the International Iran Rock Climbing Festival. Léa, Théo, Jean Charles et moi même (Robin) débarquons à Téhéran, il est 3h30 le matin. Nous sommes les 4 seuls occidentaux de l'avion, la file « foreign », à la douane, nous est réservée. Qu'à cela ne tienne, nous ne la franchirons que 4h plus tard, avec nos visas et une joyeuse bande de frenchy's, arrivés peu après nous par un autre avion.



La première journée sera consacrée à la visite des quelques monuments emblématiques de Téhéran, le grand « Teheran palace » et le musée national.

Nous rejoignons la falaise le lendemain, par un vol intérieur d'une petite heure, excepté Théo qui aura mis la nuit en mini bus, faute de place dans l'avion.

On s'attendait bien a un beau morceau de cailloux, mais nous sommes tout de même impressionnés par ce monument calcaire, le plus gros du monde partait-il. Plus de 1200 m de dénivelé. Notre avion, qui va atterrir quelques 40km plus loin, passe à mis hauteur de la falaise que nous pouvons alors observer par les hublots, non sans une certaine appréhension. Comment ne pas se perdre dans ces méandres rocailleux, ces vires et piliers qui s'entrecroisent et font chacun 200m de haut ? Une chose est certaine, le potentiel highline est avéré, nous trouverons quelques belles lignes à ouvrir.



Il faudra encore attendre un peu avant d'aller tâter le cailloux, cette première journée sur le site, déjà bien entamée par le voyage depuis la capitale, sera consacrée à l’installation d'une petite ligne, fixée entre deux camions grues. Le site où se déroule le festival est bien gardé, différentes polices et l'armée est bien présente, nous nous sentons en sécurité.



Ce n'est que le lendemain que les choses sérieuses vont commencer. Tombé du lit relativement tôt (en même temps que les grimpeur partant à l'asso de la falaise), je pars pour un repérage qui s'avère fructueux. A une petite demi-heure de marche facile (45-50 min de galère avec les gros sacs), un canyon asséché laisse imaginer des belles lignes, de 10 à 80m de mètres de long, à quelques 60m du sol. Je retourne récupérer Théo et les slackeurs iraniens, Mohamad, Ali et Amir, et nous choisissons une première ligne que nous nommerons « Chaï tea » en dédicaces à la bande de gamins qui nous inviterons à boire le thé à coté de la ligne. Une belle highline de quelques 25m de long pour cette première ouverture franco-iranienne. Quatre gougeons de 10mm plus tard, le perfo rend l'âme et nous finirons l’installation à la nuit, après être redescendus charger les batteries au caravanseray. Les jours suivant, nous ouvrons d'autres lignes. Avec Théo, Mohamad et Ali nous nous occupons de la « Marmouleck » (le lézard locaux), une belle 85m, et nos compagnons, Léa, JC, Manu et Sam s'occupent de « Be the Toon », une mignonne 17m. La première école de highline iranienne est en place, idéalement située proche du camps de base du « CAF » Iranien. Facile d’accès, gazeuses mais rassurantes, les lignes sont simple à passer et à installer, sur les plate formes bien confortables.



Nous ne sommes pas venus pour rien, et les slackeurs iraniens sont désormais autonomes, nous leur avons transmis les quelques règles de l'art d'une installation correcte, place au sport.


Chacun prend le temps d'aller sur les lignes qu'il veut, et pour la plupart des locaux, c'est leur baptême de highline. Un grand bravo tous pour leur persévérance, et notamment à Mohamad qui finit par valider « Chaï tea », 25m, alors que le max qu'il ait pu slacker au sol était de 20m.



Nous partons également en repérage. De belles ouvertures restent à faire, plus haut dans la falaise, et la, ça devient la mission, et le temps manque.

Mais nous ne pouvons pas quitter ce lieu sans faire un tour au sommet. C'est ainsi qu'après une matinée de highline, nous partons pour l'ascension du mont Bisotun. Ou des monts, on se rendra compte qu'il y a plusieurs sommets.
La corde que je partage avec Théo est menée par Manu, notre guide favori. Léa ouvre la deuxième cordée, JC la suit. Un guide iranien nous aiguille depuis les slack vers la voie qui mène dans un premier temps au refuge. « easy climbing, three hours » nous répète t'il, en gesticulant face à la montagne. 5H plus tard, nous mettons les pieds sur la plateforme où repose la fameuse cabane. Le rocher est dément, l'ambiance et les couleurs merveilleuses.



S'attacher au bout d'une corde et poser quelques protections prend du temps, et les iraniens doivent être pressés. Ils ont une très bonne connaissance de leur montagne, sont extrêmement à l'aise dans leurs itinéraires, certes faciles (à part 3-4 longueurs dans du petit 5, la grimpe se rapproche de la marche équilibrée par avec les mains), mais leurs techniques d'assurages ne sont pas forcement rassurantes, et il faut rester vigilant, certains gros blocs sont bien branlants.



C'est à la tombée de la nuit que nous découvrons le fameux refuge, dissimulé tout au long de l'ascension. Nous dormirons en quinconce, pied-tête-pied-tête... avec bien sur, les pieds dans les sacs à dos (une requête de Léa, prise entre mes pieds et ceux de Théo). Malgré notre proximité, il ne fera pas chaud, l'air s'engouffre entre les planches du refuge, sans matelas, pour nous chatouiller la nuque et autres points sensibles, nous sommes partis légers, sans duvet.


Nous repartons à l'aube le lendemain matin, et au bout d'une heure et demi, Sam et Benham nous ont rejoint. Ils sont partis le matin, effectivement, « Easy climbing, three hours... » c'est p't'être pas des conneries, c'est juste nous qui sommes lents...


 


Après la p'tite pause sommitale, la (dure) descente et un p'tit break au camps de base, il est temps de démonter les lignes. En occurrence, c'est nous qui nous sommes faits démonter. Après 1 semaines de sécheresse, en plein cagnard à bouffer la poussière, il a fallu qu'un orage nous tombe sur la gueule. Et quel orage ! Les éclairs pétaient de partout, en mois de 5 seconde on était trempé jusqu'aux os, sans parler de la grêle qui nous fouettait sans vergogne. Une petite tornade à ravagé un chantier en contre pas, mais ça, nous n'avons pas pu le voir, on ne distinguait pas le bout des slack.
Ainsi, en moins d'une demie-heure à 6, les trois highlines (dont une 85m – 250m de moonwalk + 200 de stat) étaient dans nos sacs. Jamais un démontage n'a été aussi efficace, et c'est au soleil que nous redescendons, face à un très bel arc en ciel. Épique...

Nous repartons le lendemain en Europe, trajet qui se fera sans encombre, et nous apprécions l'escale de 10h à Rome, où nous dégusterons pizza au jambon cru, avec un petit verre de vin.

Un grand merci à tous les copains de cette belle aventure, Théo Sanson, Jean Charles Fayard, Léa Deslandes, aux slackeur iraniens Mohammad Reza Abaee, Ali Baratzadeh, Amir Nouri et Ali Rostame, à nos guides Manu Pellissier et Sam Beaugey, et surtout à l'organisation de ce festival, et en particulier à Ebrahim. Et bien entendu, à slack.fr pour leur soutien, c'était dément et on repart bientôt pour de nouvelles aventures !


Robin Exertier


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Super, merci d'avoir partagé ce récit et toutes ces vidéos!
On sent qu'il était temps d'arriver en haut...! héhé
De bien belles HighLine en tout cas...! Ouaw =)