23 avr. 2015

Antoine Mesnage, Norvège : Preikestolen Line en amoureux

Après l’Irlande, c’est aujourd’hui à la découverte de la Norvège que je suis allé.
Profitant de mes deux semaines de vacances, je rejoins ma copine Estelle à Stavanger ou elle effectue son année Erasmus.



Nous avons tout d’abord commencé nos vacances par un road trip d’une semaine autour du pays. La Norvège, c’est quand même vraiment beau. Les routes sont étroites, le paysage est remarquable et d’une diversité étonnante. On oublie même que l’on conduit des heures tellement on y prend du plaisir. Tout au long de notre trip, nous nous arrêtions de temps à autre, quelques fois seulement pour admirer le paysage et sinon pour faire des randos, du ski de fond, ou pour bien sûr installer une petite Slack. Émerveillement devant un lac entièrement gelé, lieux propice pour tendre une petite sack au-dessus et installer le hamac.


Double drop au-dessus d'un lac gelé


Nouveau spot, au-dessus de la neige, petit chalet et hamac encore, l’ambiance norvégienne est au rendez-vous!

Objectif: ne pas laisser de trace !

Estelle par contre laissera quelques traces…

Après être rentrés et s’être bien reposés de ce petit voyage, il nous restait encore un objectif à atteindre : La highline au Preikestolen.
L’idée de mettre une highline en Norvège avait commencé il y a 6 mois, lorsque j’étais allé voir Estelle pour la première fois. Nous voulions installer les lignes des Skyliners, mais après avoir défié pluie, tempête de neige et brouillard toute la montée, nous avions été contraints d’abandonner après avoir quand même installé la ligne et de redescendre si près du but.
Nous avions donc une bonne revanche à prendre sur la Norvège. Les lignes du Kjerag n’étant pas accessibles à cette saison, nous partons donc à la conquète de la ligne du Preikestolen, que Tobias, un Italien, avait équipée l’année dernière.
Après deux bonnes heures de montée avec des sacs bien trop lourds et une neige gelée par la fraicheur de la nuit, nous arrivons en haut sous un grand soleil, un soleil qui nous a d’ailleurs suvi tout le long de notre trip. Plutôt chanceux pour la Norvège.

50 kg, on prefere voyager leger !

Cette dalle immense qu’est le Preikestolen est toujours aussi impressionante, et la simple idée d’installer une ligne donne de sacrés frissons.

Le fameux Pulpit Rock

Je me mets directement dans l’ambiance avec un petit rappel à faire sur le côté Preikestolen. Un point, et une corde de 7 mètres pour un rappel qui en fait 6m50. N’ayant pas été face au vide depuis un sacré bout de temps, l’adrénaline monte rapidement quand je me retrouve pendu, en devers, au-dessus de 600 mètres de vide. Je dois maintenant me balancer, pour dévisser doucement l’écrou déjà présent, insérer la plaquette puis réviser, toujours minutieusement, en me balançant. Une sacrée partie de plaisir ! Le premier point est vissé, je me vache, ouf, je respire!

Vue depuis le haut du rappel
Nous finissons l’installation rapidement, et on aperçoit vite les 45 mètres de Maverick, semblant flotter au-dessus du Fjord.



Il est temps de se lancer pour un premier essai … La ligne est molle, haute, et les quelques visiteurs présents pour admirer la vue, font sérieusement monter le stress ! Je me lance, marche quelques mètres, puis catch. C’est bon, ça tient!






La pression se libère petit à petit, je retends un peu puis traverse la ligne. Un rêve qui se réalise, la plus belle ligne sur laquelle j’ai marché, pour sûr.
La journée continue, et on profite du spot pour prendre des photos, slacker, faire traverser les copains en poulie…

Pink power !


Les passants hallucinent, posent des questions, nous remercient pour le spectacle. Il est temps pour nous de redescendre, et d’aller savourer une bière bien méritée. 




Un projet comme celui-là est une des raisons qui fait que la Slackline me passionne. Un voyage, une préparation nécessaire, une recherche d’informations, un poids limite… Il n’y a rien de plus beau que de pouvoir slacker dans un pays étranger, et surtout dans un endroit aussi mythique qu’est le Preikestolen. L’accomplissement d’un tel rêve procure énormément de plaisir, et je le conseille à tous.




À bientôt en France ou ailleurs !
Keep it slack,



Merci à Estelle.P pour les photos!











16 avr. 2015

Une sangle au naturel ?

Long et semé d'impasses est le chemin qui mène à l'aboutissement d'une sangle. Plus semé d'impasses que long en fait. Petite mise en lumière d'un développement qui à priori ne verra pas le jour.


Ah oui, le slacklineur est l'ami de la nature, il aime les plantes, surtout les gros arbres bien enracinés. Il aime les pierres, surtout celles que se percent bien. Il aime la terre, mais pas dans ses poulies. Il adore le feu le soir pour y faire la fête, mais loin de sa sangle en polyester.... En fait, notre sport (moins que certains mais plus que la natation en mer) n'est pas vraiment 100% naturel.... mais alors pas du tout.
Mais ne vous en faites pas, nous avons pensé à tout pour réduire votre bilan carbone, votre empreinte écologique, augmenter votre karma et racheter vos litres d'essence pour aller dans le Verdon.

Nous avons developpé, tendu, marché sur 30m la première sangle 100% naturelle, en coton ! Le produit naturel était né, la face de notre sport allait changé, et nous entrevoyions déjà la série de sladlocks faits de bois de santal durcis à l'huile de lin, chaussés de nos sandales en chanvre et de nos peaux de moutons, la slack neutre et jetable était là à notre portée.

Alleluia !
Mais il fallait bientôt mesurer les caractéristiques exceptionnelles de notre produit phare des futures années post-pétroleum, gaz de schiste et sables bituminizeux.

Les Specs :

Prend un chewing gum Emile

- Une rupture incroyable à 2kN (c'est la BLL ou la WWL ? J'ai jamais su),
- Une élongation majeure de 10% à 0,5kN (tu peux pas parler en kg comme tout le monde ?)
- Une texture proche d'une toile de jute, au moins elle te glisse pas sous les pieds, elle te les arrache quand tu tentes ton demi-tour favori.
- Impossible à couper proprement (et oui le coton ça brule pas super en fait... et ça fond encore moins)

Bref c'est bien pour que chaton joue à se faire les griffes avec. Parce que même pour faire une rodéo de 15m, il te faut 3m de haut pour pas toucher par terre sinon elle te pète à la tête....

On a bien pensé à la faire en 50% polyester / 50% coton mais vous savez que la demi-mesure n'est pas forcément notre point fort....

Alors on s'est ravisé, vive le pétrole, les molécules longues comme le bras ultra solides et non dégradables, et pour fêter ça, on a fait un truc vraiment utile, on a fait des capotes qui marchent ! Elles !

Le Tag Parfait

Une belle impasse de développement,  comme ce billet par ailleurs, qui finira au fond d'un carton, ou aux NG 2015 en ceintures.  A moins que vous ne trouviez l'idée excellente. A votre avis ?