20 sept. 2016

Nicolas Margaron, Portrait Team Slack.fr




Nicolas Margaron, dit Macaron


Année de naissance : 1991


Spécialité : Longline / Highline


Pour le suivre sur Facebook c'est ici et sur Instagram par là


Articles sur le blog avec Nicolas :

Vidéos avec Nicolas :


Quand est ce que tu as commencé la slackline ?


J'ai commencé au printemps 2012. J'ai découvert ça lors d'un apéro sur les quais de Rhône. Le lendemain j'achetais ma première 15m, une Baobab. L'engrenage était lancé, décision d'arrêter le travail pour me consacrer à cette discipline.


Ton premier souvenir de slackline

Un rocher (de la taille d'une bonne machine à laver) qui est passé à 2 doigts de me tomber dessus alors que j'assurais en escalade juste en dessous quelqu'un qui était en train d'installer une highline.

Ton mentor

Foufoune (Florent Founau) : parce que c'est LE blond que j'ai toujours voulu dépasser et avec qui j'ai fait mes premières ouvertures et mes plus gros trips.
Julien Millot : connu par les vidéos (I believe i can fly : flight of the frenchies) et la première personne que j'ai croisé de la slackline. Il m'a tout de suite emmené sur les montages de highline, de la Jonte et qui m'a fait faire mon premier rappel (sur un buis de la taille de ma b**e).

Où t'entraines tu ? Quels sont tes spots préférés ? Y a-il un spot que tu aimes en particulier ?

Habitant à Lyon, je m’entraîne dans tous les parcs lyonnais qui le permettent.
Quand une bonne équipe de motivés est là, on va dans le champs derrière chez mes parents pour essayer de battre les records du monde.
En highline, j'ai mon petit spot secret qui se trouve dans l'Ain, au bord d'une jolie cascade, où l'on peut tendre de 14 à 192m !

Pour info il est à droite

Ce que tu préfères dans la slack ?

Le fait d'être dans une discipline qui à la base s'apparente à un sport individuel mais qui finalement se révèle être tout le contraire : un sport de partage et d'échange.
Et le fait de pouvoir prendre du plaisir sur la sangle quelque soit sa longueur et sa tension, et même lorsque je suis à côté à regarder et profiter des magnifiques cadres où j'ai pu me trouver pendant ces 3 dernières années.

Tes meilleures performances

  • 325m de Maverick V2 en longline flashée sur mon terrain à Lyon
  • 110m de highline en spaceline sur de la Maverick V1 au Portugal sur le spot de Cabo Da Roca durant le magic road trip Nograd
  • 150m de Maverick V2 en waterline à Miribel

RopeJump


Les festivals que tu recommandes ?

Les Naturals Games, plus gros festival de slackline en France de l'année : prendre congés, voire sans solde, voire démission pour aller à ce festoch !
L'Urban highline festival même si j'y ai presque laissé toute ma machoire (la vidéo par ici!).

Qu'est ce qui t'attires dans la slackline ?

Le fait de pouvoir toujours se dépasser, d'apprendre de chaque personne un petit truc, qu'elle soit pro ou débutante.

60/70kg de matériel à l'aise

Ton  astuce ?

Pour les plus avisés ils le sauront ;)
Mais pour les débutants apprendre dès ses premiers pas à fermer les yeux pour améliorer sa proprioception.

Objectifs de la saison ou objectif tout court ?

Toujours prendre autant de plaisir cette année malgré la reprise du travail, toujours autant de présence sur les festivals, dont le championnat de France de jumpline où je serais juge référant cette année. Donc cette année les poneys n'auront pas leur gameboy pendant les contests, mais ne vous inquiétez pas je suis là pour leur donner de l'avoine lors de nos entraînements les mardis et jeudis à Indoor 45.

Une anecdote

Une tentative de Lukeskywalker pendant l'Urban Highline festival en 2013 qui a fini par un bel avalage de sangle qui m'a coûté une fracture de la mâchoire et une dent cassée

Une chose à essayer en slackline

Le fameux Lukeskywalker

Une chose à ne pas faire en slackline

L'éternel Lukeskywalker


Un mot à propos de slack.fr

Une équipe, une famille, sur qui on peut compter à tout moment. Merci pour toutes ces années passées ensemble.

Un produit en particulier à conseiller

La petite dernière : la MACFLY sans hésitation, et les poulies doubles lights



Le mot de l'équipe :
Macaron, le roi du slackline.
Si il existe les papas du slackline, lui serait le roi. Le sourire et la bonne humeur sur chaque événement! Et surtout la motivation, vous ne le verrez jamais assis dans un coin si il reste des sangles à installer.
Soyons franc, il a l'air d'un sacré fumiste, mais c'est juste son style. Ce gaillard abat autant de boulot que 3 personnes (sauf au boulot)!


19 sept. 2016

Skyline : La Chandelle et le Trident du Tacul - Thibault Cheval et Julien Millot

Texte par Thibault Cheval :

Il y a deux ans, en compagnie d’une bande de copains bien barrées et hétérogène, j’avais voulu ouvrir une highline entre la Chandelle et le Trident du Tacul. Par manque de temps et d’effectif nous avions dû nous contenter de la poser à mi-hauteur de ces deux imposants monolithes de granit.



C’est au mois de Juin 2016 que Faith Dickey me parle du projet de Bernhard Witz : poser une highline entre ces deux tours situées sous l’imposant sommet du Grand Capucin. Il n’était pas au courant de la ligne avait été ouverte deux ans plus tôt et se montre très enthousiaste lorsque je lui donne les informations en ma possession sur l’accès, les voies, etc… Il me propose ensuite de me joindre à leur expédition, ce que j’accepte avec plaisir.

Après une très longue conversation via Internet avec tous les protagonistes, des heures d’organisation à distance, le rendez-vous est donné pour le mardi 6 septembre à 8h30 au parking du téléphérique de Courmayeur.

JOUR 1


Julien passe me récupérer à Chamonix aux alentours de 7h30, nous chargeons sa voiture du matériel récupéré la veille chez Slack.fr et nous mettons en route.
Après avoir traversé le long et puant tunnel du Mont-Blanc nous voici en Italie, le temps de trouver le parking du nouveau téléphérique et nous voilà déjà en train de trier notre matériel et de préparer nos sacs, en attendant Bernhard, Alain et Stephan, le photographe.



Le fameux quart d’heure savoyard n’est pas le seul apanage des habitants des bords du lac du Bourget, comme nous le montre l’équipe suisse-allemande, qui pointe le bout de son nez sur les coups de 9h.

Nous finissons ensemble le tri du matériel, le chargement de la pulka, et c’est parti pour trois quart d’heure de queue aux caisses du téléphérique… Une fois cette formalité accomplie nous chargeons nos lourds sacs (20kg environ) et notre pulka (50kg environ) sous l’œil médusé des touristes en short.
Dans la montée, inspirés par le paysage, nous rêvons à de nouvelles highlines et de nouveaux exits de BASE jump.



Arrivés en haut, vient l’heure de chausser les crampons, d’ajuster les sacs sur le dos, de s’encorder et de répartir les rôles : Alain Custovic, qui a le sac le plus léger, tirera la pulka. Il sera encordé avec Bernhard et Stephan.
Julien et moi, encordés et suivant Alain de près, nous nous relaierons pour maintenir l’équilibre de la pulka et pour la pousser dans les démarrages en côte.

Notre équipe ne passe pas inaperçue ainsi équipée !

Après un peu moins de deux heures de marches entre les crevasses, nous arrivons à notre emplacement de bivouac.
Le temps de monter les tentes et nous attaquons directement le pré-scotchage de la ligne. Une fois cette tâche terminée, nous prenons chacun de quoi grimper la voie qui nous a été attribuée.



Julien et moi grimperons la voie Bonatti-Tabou sur la Chandelle (ED-, 6b+) en hissant un sac rempli de corde et de matériel pour percer et réaliser un ancrage de highline correct, pendant qu’Alain, Bernhard et Stephan grimperont la voie Lepiney, en portant les cordes à fixer sur leur dos, l’inclinaison et le tracé de la voie ne permettant pas de hisser.



Notre voie se révèle être magnifique, aucune longueur à jeter, de la première longueur en 5c à la dernière en 6a, en passant par le 6b court et intense et le 6b+ plus long et continu, nous adorons chacune des longueurs et passons un très bon moment.

Une fois en haut nous trouvons un énorme bloc que nous pourrons ceinturer pour faire un ancrage naturel, nous posons un spit pour diriger les sangles de l’ancrage dans la bonne direction, racontons quelques blagues salaces et attaquons la descente, à la frontale pour Julien, et dans le noir complet pour moi qui ai oublié la précieuse fée électricité en boite.

Julien et Thibault
De leur cotés les copains ont du mal à trouver l’itinéraire dans leur voie, se perdent, montent, traversent, descendent, remontent… pour finir à 15m du sommet de nuit, et redescendre en fixant des cordes statiques jusqu’au sol, de manière à remonter plus facilement le lendemain.

Il est 22h quand nous nous retrouvons tous au campement.
Avec Julien nous nous jetons sur nos bières, préalablement mise au frais dans la neige, et Bernhard, qui, à notre question « did you bring beer » n’avait pas répondu, pensant à une blague, nous regarde avec des yeux ronds avant de nous tendre son godet pour une petite lampée de houblon !



JOUR 2


La nuit a été courte et froide. Pour Julien particulièrement, avec son matelas gonflable crevé qui lui donne une idée assez précise d’à quoi doit ressembler une nuit allongé dans la neige…



L’idée était de se lever à 6h45 pour partir du camp à 7h30 et attaquer la remontée des cordes fixes sur le Trident, pour enfin arriver en haut, préparer l’ancrage, et finalement hisser la slackline et conclure l’installation en début d’après-midi et commencer à faire des essais sur la ligne dans la foulée.

En voyant arriver Bernhard à 7h25, en train de se servir du lait dans ses céréales, on a vite compris que la journée ne se déroulerait pas selon ce plan.
Une fois tout le monde prêt nous avons reformé les équipes : Stephan, qui ne se sentait pas de refaire une montée aujourd’hui, resterait en bas avec Julien et se tiendrait prêt à faire la connexion une fois qu’Alain, Bernhard et moi aurions fini d’installer le coté Trident.



Sur la paroi, l’organisation est simple : Alain et moi remontons le plus vite possible les 200m de cordes statiques pour finir l’ascension du sommet et repérer les possibles ancrages, pendant que Bernhard nous suit en récupérant les cordes au passage, pour pouvoir les jeter de l’autre côté, en face Ouest, et y attacher la sangle.
Après quelques oublis de cordes et de nourriture, nous jetons finalement les cordes dans la face ouest. 

Alain descend en rappel dessus pour défaire les nœuds que les imperfections de mon lovage ont créé, et faire la connexion avec Stephan en bas.
De son côté Julien a attaqué la remontée sur corde sur la Chandelle, avec la slackline attachée sur lui, pendant que, simultanément, je m’occupe du hissage de la sangle coté Trident.



Une fois la ligne au sommet et la connexion Trident-Chandelle établie, Ju nous fait passer le perfo pour que nous puissions équiper notre côté.
La vire où nous nous trouvons étant 15m plus haute que le sommet de la Chandelle, nous rappelons sur une magnifique arête ciselée pour trouver un emplacement où faire notre ancrage. De ce côté pas d’ancrage naturel possible, nous devons poser des spits : deux pour la ligne, et un en backup.

A 19h, après avoir dû gérer de nombreux problèmes d’organisation et d’installation, je m’élance enfin en poulie sur la ligne pour rejoindre la ligne de descente de la Chandelle, suivi de Bernhard.
Une fois de l’autre côté, Julien nous sauve en nous tendant une demi-bouteille d’eau ; après une après-midi en altitude, au soleil et sans rien boire, c’était un bonheur sans nom !

Une fois en bas, rebelote : bière, pistache, cacahuètes grillées, les français ont prévu le coup pour l’apéro, et la rigueur suisse se laisse rapidement attendrir !

Comme c’est notre dernière nuit, Alain, le cuistot de l’expédition, nous laisse le choix du menu : ce sera veau aux carottes et riz, un vrai festin fait maison et mis sous vide en prévision des repas du soir, chapeau bas Alain !




JOUR 3


Levés aux aurores pour profiter de la ligne avant de partir, Julien et moi n’attendons personne et nous mettons rapidement en route vers la ligne de cordes fixes sur la Chandelle.
Une heure et 200m de corde plus tard nous sommes au sommet, bien échauffés, et bien essoufflés.






Le créneau est mythique, imaginez : nous sommes deux, sur un sommet pas très grand mais plat et confortable, au soleil, sous une tempête de ciel bleu, pas un souffle de vent et la ligne pour nous pour les trois prochaines heures, minimum. Le rêve éveillé.

Julien monte sur la ligne en premier. Il est tendu. La ligne fait 87m, à plus de 3500m d’altitude, 200m au-dessus du glacier. Elle est plus longue que la ligne de sa meilleure perf’, et dans un contexte autrement plus stressant ! Mais le mental d’un des papas français de la slackline est toujours là ! Après quelques catchs et quelques repos, il enchaîne la moitié de la ligne avec un sourire jusqu’aux oreilles, ça fait plaisir à voir !



Suite du texte par Julien Millot :

Et oui, on ne peut pas dire que je m’entraîne régulièrement ces derniers temps en highline, mais étrangement les sensations et la facilité du setup (Moonwalk + Backup 8mm dyneema gainé) rendent la traversée des plus agréables. Etre acclimaté après 3 jours de haute montagne doit aussi y être pour quelque chose.

Au tour de Thibault qui passe son premier aller en quelques catchs pour se détendre, avant d'envoyer un retour avec un départ un peu loin de l'ancrage pour certains, mais qui justifie pleinement le terme de traversée à mes yeux. Il y a 3m de différence de niveau entre les ancrages, assumés à l'équipement car logiques par rapport aux vires, cela expliquant le lever de retour un peu plus loin que le bord car nous glissons sur la sangle à cause de la pente.

Faith est enfin arrivée au camp de base, après un voyage depuis Ostrov qui pourrait déjà être le sujet d'un film à part entière, prête à remonter les cordes et faire un peu de highline de haute montagne. Bernhard et Stephan jumardent déjà, profitant du prétexte de faire des photos en contre-plongée de nos essais pour reprendre leur souffle.

L'heure avance, un aller/retour sur 87m prend bien 45min quand on tombe beaucoup, je retourne me finir les bras, et prendre un maximum de plaisir en me faisant rouster car après tout on est là pour ça.
Thibault fait un dernier aller/retour pour valider, et c'est déjà l'heure de redescendre.


Nous croiserons Faith dans les rappels, et sa compagne de voyage Heather au camp de base. La remontée vers le téléphérique se fera avec des sacs déjà bien lourd, laissant derrière nous la responsabilité de désinstaller une des highlines les plus difficiles d'accès au monde au reste de l'équipe. Après tout ils vont encore en profiter 2 jours, et conclure par une désintallation sans problèmes après une expédition de 5 jours. Bravo et merci à eux pour le line service.


Une équipe d' « anciens », un jeune qui n'en veut, une pulka, 4 tentes, un camp de base au pied des plus belles voies de haute montagne du massif, du beau temps, trop de matériel, du fun, mission plaisir pleinement remplie !


Profil de Thibault Cheval

Julien Millot